Girls on girls hate : comportements féminins outranciers au travail

Ces femmes qui pourrissent la vie des autres au travail…

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J’ai horreur du girls on girls hate, des comportements féminins déviants au travail. Vous savez, ces femmes qui critiquent les autres femmes, qui affectionnent le crêpage de chignon et de descendre les autres plus bas que terre.

girls on girls hate

Je déplore que, alors que nous avons des groupes féministes courageux, des mouvements tels que Balancetonporc ou metoo, il y ait encore des filles pour oser se comporter comme des SALOPES avec les autres filles au travail, pour oser dire qu’elles n’aiment pas les autres femmes, pour semer la zizanie, chercher l’opposition permanente, créer une concurrence qui n’a pas lieu d’être, ou vous faire sentir toute la haine qu’elles ont contre vous parce que…vous êtes une femme, et qu’elles sont jalouses (mais de quoi ?). Comment peut-on être aussi stupide et conne pour haïr les autres femmes en 2018 ?

Cas N°1

Je travaillais dans une entreprise depuis une petite année. Notre nouvelle collègue, en CDD de 4 mois, dans notre bureau, arrive. On m’avait dit qu’elle était italienne : j’étais plutôt contente de la rencontrer puisque je parle un peu italien et que j’adooore l’Italie.

Elle arriva dans notre bureau, me dit « Bonjour » froidement, me jaugeant de la tête aux pieds. Je remarquais son regard hostile (mais je ne m’y arrêtais pas) et je me présentais, lui indiquant mon rôle dans l’équipe, et mon ancienneté. Mon collègue anglophone était près de nous.

A ma grande surprise, elle me dit : « Toi, tu fais ce métier et tu le fais en anglais ? ».

Un peu décontenancée par le ton froid de la nouvelle arrivante, je lui répondis : « Ben oui ». Elle continua, dédaigneusement : « Mais ce n’est pas possible, tu ne peux pas exercer ce métier ».

Si, répondis-je, assez refroidie. Je ne réagis pas plus que ça tellement j’étais sidérée par son culot, alors qu’elle venait d’arriver, et son comportement limite insultant. J’étais dans cette entreprise depuis moins d’un an, et encore assez sonnée par un licenciement abusif.

C’est là que mon collègue anglophone intervint fermement : « Si si, elle fait ce métier, et en anglais, et elle est compétente pour le faire ; elle a des diplômes ». Il avait l’air aussi choqué que moi. J’ai beaucoup apprécié son intervention car les gens vous défendent rarement au travail quand un ou une salope se permet de vous agresser, avec un culot inouï.

Elle a passé 4 mois dans notre bureau, draguant ouvertement mon collègue masculin, soufflant le chaud et le froid avec moi, et maintenant une distance glaciale avec notre autre collègue femme, qui était plus âgée. Son CDD ne fut pas renouvelé, car apparemment elle fut peu appréciée dans le service.

Cas N°2

Dans cette même entreprise, il y avait, en CDI, une seule et unique fille de mon âge. Au premier abord, elle se montra très gentille avec moi. On se croisait peu. Je me montrais prudente et discrète avec tout un chacun. De toute façon, j’allais maaaal.

Elle passait chaque midi dans notre bureau pour convier mon collègue anglophone à manger avec elle, et chaque midi quasiment, il refusait. Elle se mit, sans raison, de temps à autre, à me lancer des remarques :

« Oh, mais tu es à ton poste ? On ne te voit jamais. Elle est toujours par monts et par vaux, celle-là ».

Au bout de quelques temps, je fis mon possible pour l’éviter, ruminant tout de même BEAUCOUP sur ses remarques déplacées. C’est tellement rageant de se laisser agresser sans rien dire.

Je la vis également crier sur des collègues parce qu’ils ne l’avaient pas conviée à une sortie extra-professionnelle. Je la vis dire à une collègue de 40 qu’il serait peut-être temps de se dépêcher à faire un enfant, car l’horloge tournait. Je la vis faire des compliments très appuyés à nos managers. Ils étaient flattés…je réalisais qu’elle était très appréciée par la hiérarchie. Je compris qu’elle avait un pet’ au casque et je remerciais ma bonne étoile de ne pas avoir à travailler dans le même bureau qu’elle.

Des collègues plus âgés s’interrogèrent parfois devant moi sur le fait que moi et cette fille ne nous fréquentions pas plus. Je me demandais comment ils pouvaient être aussi aveugles.

Un jour, je prenais un café avec des collègues, à la salle de pause. Elle arriva parmi nous, et je ne sais plus comment ni pourquoi me hurla (oui oui, me hurla) que je n’avais pas le droit de prendre autant de pauses café.

Comme avec le cas N°1, je restais sidérée, sans voix. Je ne réagis donc pas. Je ne prenais pas plus de pauses que les autres, sans compter que l’ambiance était plutôt ennuyeuse. Personne de mon âge (à part elle…) avec qui prendre une pause.

Mon plus grand regret, c’est d’avoir été trop mal en point à l’époque pour remettre ces salopes à leur place.

Les remettre à leur place, mais comment d’ailleurs ? Quand on vous fait une remarque désobligeante, sans raison, un simple « Je n’apprécie pas ton comportement, je te demande de t’excuser » ne suffit pas ». Moi j’ai juste envie de frapper, de hurler à mon tour. Évidemment, je ne le fais pas. Sinon, où irait-on ?

Mais ça fait un peu beaucoup de comportements outranciers au travail, femmes et hommes confondus. Comment ces gens osent-ils se comporter ainsi au travail, sans peur des représailles ? Pourquoi n’y-a-t-il pas de représailles d’ailleurs ? C’est quand même énorme d’oser agresser les autres de cette façon !

Cas N°3

Je travaille dans une nouvelle entreprise depuis moins d’un an. Collègues majoritairement masculins. J’avais aussi jusque-là une collègue femme très sympathique. Ambiance cool. On m’informe qu’une troisième collègue féminine va revenir de congé maternité et qu’elle parle beaucoup de ses hémorroïdes ou sujet de ce type. On me dit d’elle qu’elle est fun. Tout va donc plutôt bien.

Elle reprend donc le travail, au moment où ma collègue sympa part en vacances. Je me retrouve donc seule avec elle et les mecs. Et là…je découvre qu’elle est loin d’être fun. Elle ne s’adresse qu’à mes collègues masculins et me coupe la parole dès que je m’exprime.

Je me mets à parler plus fort quand elle me coupe la parole. Elle n’a pas l’air de comprendre.

Il s’avère qu’elle parle, elle parle, elle parle très fort toute la journée. Tout le temps. Pas de travail non. Elle parle de tout ce qui se passe sous sa ceinture, de ses rapports sexuels avec son mari, et de ses enfants. Elle répète de temps à autre qu’elle n’aime pas les autres femmes, ni les femmes sans enfants. Je suis une femme et je n’ai pas d’enfants.

Un jour, j’ose lui demander, gentiment, de parler moins fort. Elle me hurle dessus comme du poisson pourri, me disant qu’elle m’a vu aller sur Internet au travail, qu’elle a connu des projets bien plus durs que le mien, que je suis une gamine…que c’est à moi de m’adapter à l’équipe.

Je lui rétorque que je m’étais déjà adaptée à l’équipe avant qu’elle arrive, que je lui demandais juste de parler un peu moins fort…impossible de la calmer. Une vraie furie. Le pompon, c’est que je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle ait le soutien plein et entier des hommes du bureau, qui sont toujours ravis de l’entendre parler de son cul.

Connaissez-vous des pestes irrécupérables, vous aussi au bureau ? Je vous laisse avec cette vidéo québécoise salvatrice, avec ce délicieux petit accent québécois qui gratte :

http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/31179

 

Néolibéralisme et prise d’otages

Culte de la culpabilisation et de la fatalité dans les médias :

Les marchés ont droit aux derniers mots lors des flashs info, on se fait engueuler tous les jours parce que la France ne peut être réformée, dénigrement constant du modèle français, qui rend la compétitivité difficile.

Compétitivité, attractivité, productivité. Un catéchisme dévastateur et quotidien, mâtiné d’idéologie et d’amateurisme.

Là où on devrait vanter notre qualité de vie et notre temps de travail inférieur à celui d’autres pays, notre coût du travail qui nous permet une protection sociale bien développée [du salaire différé et non pas des charges sociales trop élevé, ah la manipulation du vocabulaire…], on préfère nous taper dessus à longueur de JT.

economie

L’Europe meurt de la concurrence sociale et du manque de coopération !

A la base, la productivité au travail consistait à réduire le temps de travail pour se dégager du temps libre tout en maintenant un certain bien-être matériel. A présent, on demande aux gens de travailler plus longtemps pour le même salaire.

Silicon Valley

Nos puissants et faiseurs d’actualité fantasment sur le modèle américain…et la Silicon Valley. Fascination pour quelque chose qui s’est basé sur des ressources publiques qu’on a privatisées !

Les américains ont mis la qualité des formations publiques au service de quelques entreprises qui refusent de redistribuer à la collectivité les richesses astronomiques accumulées. Pire, elles mettent en place des politiques d’évasion fiscale ! Alors même qu’elles ont bénéficié d’aménagements fiscaux, exonérées à 90% d’impôts !

Personne d’autre que la puissance publique n’est en mesure de créer des marchés et la Silicon Valley est un pur produit du capitalisme public.

On nous la vend comme un contre-modèle de l’État français, très lourd et bureaucratique, alors que sans le Pentagone et les universités publiques, la Silicon Valley n’aurait pas existé ! Le ministère de la défense américain a massivement investi dans la Silicon Valley.  Internet est une invention…de l’armée américaine !

Donc tous ceux qui rêveraient d’une Silicon Valley en France devraient investir massivement dans la recherche, l’enseignement, les universités.

Voilà qui casse le mythe de l’innocence d’un marché spontané, se défendant tant bien que mal face à un État oppresseur. La valeur économique et la richesse ne viennent pas de nulle part et certainement pas de l’entrepreneur qui crée des richesses que le méchant État redistribue aux assistés, ce qui rend le système improductif.

Le système d’enseignement californien a pourri la Silicon Valley.
A présent, comme tout est privatisé, les écoles publiques vont très mal, les routes sont en mauvais état. Les voitures, elles, sont de plus en plus luxueuses, mais à quoi bon avoir des voitures luxueuses si les routes sont en mauvais état ? 😀

Pourquoi la bourse et la santé du marché sont-ils systématiquement commentés à la fin des flashs infos ? Pourquoi ne pas conclure, plutôt avec le niveau de CO2 dans l’air ? Et pourquoi autant d’anthropomorphisme concernant les marchés, leur déprime, leur santé. On fait de la psychanalyse de marchés financiers…comme si c’était des gens. Quid de la dépression, la santé des français ?

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Libéralisme : Attaquer les vrais parasites

Mare des discours à l’emporte-pièces sur les fonctionnaires, sur ceux qu’on soupçonne d’être mieux lotis que nous. Pendant ce temps là, les vrais parasites, c’est-à-dire les ultra-riches, se marrent.

Je travaille dans le privé et à une exception près, j’ai toujours trouvé mes conditions de travail ou la façon dont on était traité.e assez détestables. J’ai toujours envié les fonctionnaires…qui perdent chaque jour leurs « avantages ».

Depuis que je suis môme, j’entends des critiques sur les fonctionnaires. Les fonctionnaires composent une partie de ma famille et ras-le-bol d’entendre parler d’eux en des termes toujours négatifs. Qu’est-ce que j’aurais aimé être fonctionnaire, moi !

Contrairement à beaucoup de jobs à la con du privé, les petits fonctionnaires, eux, font vivre le pays. Et des fonctionnaires parasites, c’est comme les chômeurs, les migrants, les…

Il n’y a qu’une minorité qui profite, triche, vole, se fout de votre gueule…et pendant ce temps-là, les gros poissons se marrent. Alors plus de contrôles ou des réformes intelligentes, pourquoi pas, mais pas que pour les gens ordinaires. Faudrait penser aux gros poissons aussi. C’est un peu facile de jalouser le voisin.

Typologie de l’abruti d’extrême-droite qui admire les gros poissons – ah si seulement il pouvait en être un, lui aussi. L’abruti d’extrême-droite :

  • possède une BMW et méprise les gens qui ont des voitures moins luxueuses.
  • Est très soigneux, minutieux avec sa BMW.
  • Est extrêmement matérialiste.
  • Commande (toujours au meilleur prix, croit-il), ses fringues, objets en tout genre sur Internet …surtout sur Amazon et Ventesprivées. Alors même qu’il prétend vouloir un monde plus juste.
  • Se plaint sans arrêt des fainéants de chômeurs et de leurs supposés avantages.

libéralisme

De leur côté, les gros poissons trouvent ça tordant de voir les gens ordinaires se tirer dans les pattes. Très riches, grands patrons, hauts fonctionnaires, actionnaires, rentiers, nantis se délectent de voir la France d’en bas s’entretuer à coup de répliques assassines.

A CHAQUE FOIS QUE TU CRITIQUES LE VOISIN, GROS, UN VIEIL HOMME BLANC TRÈS RICHE RIT EN BUVANT UNE COUPE DE CHAMPAGNE !!!!

Les fonctionnaires

Soigner, éduquer, maintenir l’ordre…c’est dur, ça en demande du travail, du don de soi. Ce n’est pas facile de s’occuper des autres. C’est tellement plus facile d’inventer des conneries inutiles ou polluantes et destructrices comme le font un paquet de putain d’ingé-chieurs imbus d’eux-mêmes, de politiciens, sénateurs véreux, qui planent à 15 000. Ingénieur chez Rolex ? MINABLE ! Ingénieur pour voitures de luxe ? MINABLE. Député LREM ? MINABLE ! Sénateur ? MINABLE !

Vous jalousez les enseignants ? Mais un.e enseignant.e, c’est 60h de travail par semaine…bah ouais. Toi, tu as des copies à corriger le soir chez toi, des cours à préparer quand tu as quitté ton lieu de travail ou durant une partie de tes vacances ? Ben non. Des parents d’élèves chiants et cons qui t’emmerdent parce que tu as engueulé le petit chéri à qui tout est dû ? Ben non.

Vous jalousez les soignants ? Vous savez ce que c’est d’avoir la vie, la santé de quelqu’un.e entre vos mains ? De devoir courir d’un patient à l’autre, sans pouvoir leur parler, et sans se tromper dans les doses de médicaments ou actes techniques ?

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Syndicats : Se syndiquer ou appeler SOS Amitiés ?

Si tu doutes de tes pouvoirs, tu donnes du pouvoir à tes doutes !

Claude d’Astous


Retranscription Le minimum syndical, Laura Raim

Retranscription partielle du podcast Minimum Syndical, Laura Raim (pour Arte radio).

David Pujadas parle des syndicats comme de terroristes XD « la radicalisation de la CGT ».

syndicats

Des fois,  au syndicat, on est presque comme SOS Amitiés. Des appels (de détresse), SOS amitiés en reçoit 1 toutes les 40 secondes ce qui n’était pas arrivé depuis 7 ans, depuis la crise économique. Les pensées suicidaires repartent à la hausse, ça n’était pas arrivé depuis 7 ans.

Sur ces 700 000 personnes qui appellent SOS Amitié tous les ans, combien feraient mieux de se syndiquer et de faire une bonne grosse grève ?

Témoignage d’un psychologue en hôpital psychiatrique : « Les syndicats accueillent, souvent des personnes détruites par le monde du travail. C’est un accueil politique aussi, ce sont des gens qui connaissent aussi vos conditions de travail, qui les partagent, qui connaissent le management qui broie. Comme tout le monde, on s’imagine qu’on est plus fort que ça. Alors que chez les syndicats, il y a déjà une écoute ! Rien que ça ! »

Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. (formule apocryphe, de Rosa Luxembourg).

Alors pourquoi les gens se syndiquent-ils encore ? Comme le droit de vote ? L’âge moyen des syndiqués est passé de 39 ans à 45 ans.

Les syndicats ne sont pas efficaces, mais c’est bien parce que les gens ne les rejoignent pas !

Le minimum syndical


Expérience personnelle

Lorsque je me suis fait viré.e de façon abusive, d’une entreprise obtuse, ce qui m’a le plus manqué, c’est la présence de syndicats, chez qui je pourrais parler, recevoir des conseils, être écouté.e. Dans le privé, hélas, comme souvent, des syndicats, on en a pas. Je suis allée chercher de l’aide auprès de la permanence syndicale CGT du coin. Il y avait bien des délégués syndicaux, non encartés, et fraîchement élus. Seulement, ils avaient peur, ils étaient inutiles : ils s’étaient fait élire pour se protéger eux-même. Si j’avais eu recours à leur aide, ils m’auraient poussé.e à accepter les motifs non recevables de l’entreprise, pour me licencier, sachant que cette entreprise n’avait listé aucun fait contre moi. Un licenciement sans cause réelle ni sérieuse.

Les ingénieurs sont-ils humains ?

Les (certains) ingénieurs sont-ils humains ? Certains sont un enfer à vivre et quand on pense que ces …ingé-chieurs sont censés représentés une élite, on a envie de ricaner.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Rabelais. Et je rajouterais : Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme, de l’être humain et de la planète. Pour tous les ingénieurs, ingéchieurs pardon qui ont contribué à inventer, implémenter des trucs débiles, polluants, cons (nucléaire, diesel, SUV), sans se poser de questions, parce qu’ils étaient des gros cons trop sûrs d’eux.

ingénieurs

Mon travail consiste à travailler avec des ingénieurs. Parmi eux, il y a beaucoup d’ingé-chieurs. On ne parlera que de ceux-là.

Ce sont souvent des hommes. Ils parlent un langage obscur, ont un débit de paroles insupportable, se croient supérieurs, pensent que le monde leur appartient, croient que tout leur est dû…en revanche, quand le patron arrive (car il y a, hélas, bien peu de patronnes), ils vont se cacher et bien se la fermer, la queue entre les pattes. Puis critiquer le patron dans son dos dès qu’il est parti. Bref, des gamins immatures qui n’ont pas évolué depuis la cour de récré. Le problème étant qu’ils travaillent sur des logiciels, machines complexes, souvent sans conscience des trucs pourris qu’ils produisent ni esprit critique.

ingénieurs

Beaucoup d’entre eux ont bien du mal à expliquer, en termes intelligibles et simple, au commun des mortels, ce en quoi consiste leur travail. Ou ce qu’ils produisent. Ou à vulgariser.

Je fais partie des gens qui doivent traduire le langage de l’ingé-chieur (pas de l’ingénieur respectable et respectueux) en un langage simple et accessible au plus grand nombre. Problème : les ingé-chieurs se comportent comme des rustres, se montrent arrogants, impolis, irrespectueux.

Et tout le monde dans l’entreprise fait comme si c’était normal.

Je possède des livres où il est expliqué que pour obtenir de la part des ingé-chieurs les précieuses informations dont nous avons besoin…pour travailler, il faut leur cuisiner des cookies.

ingénieur

Les auteurs sont américains, bien entendu.

Des cookies donc…ou du charme, de la séduction. Il est vrai que j’ai constaté plusieurs fois qu’une collègue maquillée comme une actrice porno, très sexy, minaudant énormément, avait plus de chances d’obtenir des informations de leur part qu’une autre femme. J’ai aussi constaté que les filles très douces, très maternantes, très à l’écoute, riant gentiment quand les ingé-chieurs laissent entendre que son travail ne sert à rien, obtenaient plus d’informations que moi, qui établis un rapport d’égalité dans le cadre de mon travail avec eux.

Les rois du monde

Dans les écoles d’ingénieurs, on leur apprend visiblement ou alors ils sont un certain nombre à retenir qu’ils sont les rois du monde et que tout leur est dû ! Ah, et ils ont toujours raison aussi ! Personne ne les contredit jamais.

Petit florilège des réflexions entendues au cours de ma carrière :

Premier CDI dans une PME, en région parisienne. Je suis là depuis une semaine, à peine. Je vais poser une question à un des développeurs de mon équipe. « Va faire chier quelqu’un d’autre », me répond-il. Le patron de la PME, qui se tient à quelques mètres de  nous et qui a vu la scène ne dit rien. Je retourne à mon bureau.

Un autre emploi dans une autre PME. Je suis là depuis un mois à peine. Je vais poser des questions au responsable du développement produit. Il me répond sèchement que je dois me débrouiller, « qu’il ne travaillera pas avec moi car il est mécontent que ma prédécesseure ait été remplacée ». Il tiendra sa promesse jusqu’à ce que je quitte l’entreprise.

Même PME. Dès mon arrivée, les ingénieurs me font savoir que ce sur quoi je travaille, c’est « de la merde », c’est « mal fait », c’est…« nul ». On s’éclate ici 😀 ! Je reprends le contenu en main. Effectivement, c’est un vrai sac de nœuds. J’essaie d’améliorer ce que je peux, avec le peu de moyens et le faible soutien dont je dispose, puisque certaines personnes ne veulent pas travailler avec moi, au motif que « je remplace X ». Les questions que je pose sont ignorées, ou alors on me répond à la va vite. Quand je veux approfondir une question, une spécification, on me répond qu’on a pas le temps.

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C’est marrant car souvent, les spécifications sont incomplètes. Quand je pose des questions au SME (celui qui dialogue avec les clients pour connaître leurs besoins et ensuite écrire les spécifications), il ne sait pas me répondre. Si je demande à participer à ces réunions entre le client et le SME, c’est refusé ! Si je demande aux développeurs plus d’explications sur la fonctionnalité qu’ils sont en train de développer, pourquoi et à quoi elle va servir, ils ne savent pas me répondre.

Je suis là depuis peu quand le SME, au cours d’une réunion, entre managers, et avec le restructurateur de l’entreprise, me dit, avec un sourire « Je ne suis pas content de ton travail ». Silence autour de la table. Ma prédécesseure m’avait prévenu que ce type, c’était un « pute ».

Toujours dans la même entreprise, un développeur m’interpelle un jour, en plein milieu de l’open-space et se plaint, en parlant très fort, de ce sur quoi je travaille. Sachant que mon travail dépend du sien et non l’inverse. Il enchaîne, assez fort pendant 30 minutes, sur un monologue débité à toute vitesse, sur un ton péremptoire. Disant ô combien mon travail c’est de la merde et ô combien lui sait comment ça devrait être fait. Hummm. Il est impossible de l’interrompre. Autour, tout le monde garde le silence. C’est tellement facile de faire semblant de rien lorqu’un.e collègue se fait humilier devant tout le monde. Je fais l’erreur de me montrer conciliante, de dire que j’essaie d’améliorer les choses avec les (très) modestes moyens dont je  dispose. Alors que je devrais lui dire, je suppose que son comportement est intolérable, rabaissant, humiliant.

Le SME m’envoie des informations contradictoires sur ce qui doit être mis à jour. Il est aussi censé m’expliquer comment et pourquoi. À chaque fois que je lui demande des précisions, j’essaie de comprendre. À chaque fois, il s’embrouille dans ses explications, parle à toute vitesse et je n’ai pas plus de billes pour avancer qu’au début.

La direction abuse, la direction restructure dans notre dos, les ingénieurs sont mécontents, ils critiquent la direction, ils se plaignent. Mais dès lors qu’on évoque l’idée d’une action collective pour se défendre ou du moins pour équilibrer le rapport de force, il n’y a plus personne.

Se présenter aux élections de délégué du personnel c’est non, se syndiquer c’est non, se réunir en plus grand nombre pour parler de ces problèmes, c’est non. Se serrer les coudes, c’est non aussi… c’est quoi cette bande de lâches ?

Dans une autre PME

Je suis déjà usée depuis longtemps par ce travail ingrat, par les relations avec ces types infects. Dès mon arrivée, un ingé-chieur se plaint à moi de faire depuis des années un travail qui revenait à ma prédécesseure. Je lui répond qu’on en parlera ensemble. Je n’ai même pas le temps de fixer une réunion avec lui qu’il vient, quelques semaines plus tard, trouver mon chef pour se plaindre que ce n’est pas à lui de faire cette tâche. « C’est à elle de le faire ! », assène-t-il, en me désignant. Hum le sale gosse capricieux. Mon chef, qui sait que les choses ne sont pas si simples, joue l’apaisement. Moi je fais semblant de rien, car…je ne sais pas quoi faire. Je suis choquée par ce comportement.

C’est ça qu’ils apprennent dans leurs minables petites écoles d’ingés les ingé-chieurs ? Critiquer les autres pour les placer sur des sièges éjectables ? Donner des coups aux autres ? Créer un rapport de force permanent ?

Ils ont presque tous le même discours formaté : ils admirent le patron, ils aiment bosser 35, 40h par semaine mais ils critiquent les 35h. Ils profitent un maximum de la bonne mutuelle d’entreprise, de leurs congés payés, mais voudraient que tout soit privé. Cherchez l’erreur… Ils se plaignent du patron ou des chefs dans leur dos, beaucoup beaucoup beaucoup mais aucune solidarité, se syndiquer..? Encore moins !

Ce sont vraiment des gens qui ont fait de longues études, ça ? Ils sont quoi à part des machines qui crachent du code ?

Je hais ce silence coupable, cette lâcheté, cet individualisme. Un patron prend des risques pour maintenir à flot une entreprise, certes. On lui vend notre travail, certes. Mais justement, il n’est rien sans notre travail. Son entreprise elle ne tourne pas sans nous ! Cela justifierait donc un rapport de force équilibré !

Économie : Flexi-chômage et banquiers dirigeants

Et si c’était autre chose l’économie ? Autre chose que cette définition masochiste et morose définie par des hommes malsains ?

Retranscription partielle d’un entretien toujours d’actualité, entendu sur France Inter :

l’économie s’est présentée comme la meilleure des sciences sociales, qui avait raison sur toutes les autres sciences sociales.

On est allé chercher en économie des espèces de vérité qui n’en sont pas, qui ne sont pas assises sur des vérités scientifiques et qui deviennent des moyens de formuler un projet car on ne plus l’imposer par la force ou par la persuasion en démocratie.

Les mythologies économiques sont des idées économiques que l’on fait passer pour des vérités scientifiques mais qui n’en sont pas. Elles reposent sur des croyances ou des préjugés.

La mythologie économique qu’on ressasse en France actuellement, c’est « le modèle social plombe la compétitivité qui empêche la croissance ». Chaque terme de cette mythologie est contestable. Il n’y a aucune étude, sur le long terme, qui prouve que le modèle social français a empêché le dynamisme économique.

La compétitivité ne se réduit pas au coût du travail. On est au 21ième siècle, la compétitivité, c’est aussi le bien-être des salariés, la santé, etc.

La croissance n’est pas la finalité économique, au 21ième siècle, la finalité, c’est le bien-être humain et le fait de respecter la contrainte écologique.

Il en va de la responsabilité des économistes qui s’organisent de plus en plus en syndicats et essayent de produire un consensus. Leur complexe de supériorité vient de leur complexe d’infériorité. Leur complexe de supériorité dans les sciences sociales vient de leur complexe d’infériorité dans la physique. Ils pensent qu’ils maîtrisent la physique du monde social. Ils s’organisent en syndicat, cherchent à produire un consensus scientifique qu’ils vendent ensuite aux responsables politiques. Ce qui pollue le débat public, avec des idées totalement fausses, qui nous gouvernent… La loi Travail est l’exemple d’une mythologie économique.

Le marché du travail français est déjà très flexible, avec 3 millions de chômeurs…et la crise financière et l’effet désastreux des politiques d’austérité…

Le taux de chômage était inférieur à 7% en 2008 malgré notre pesant droit du travail, notre insupportable modèle social et les rigidités qui nous empêcheraient d’être compétitif. On avait un taux de chômage tombé à son plus bas niveau depuis 1983, avant la crise financière. Le chômage, depuis 2008, augmenté de …50% : 2 points de chômage supplémentaire après la crise financière, 1 point en plus suite aux politiques d’austérité.

Comparaison avec l’Espagne, l’Italie ? Les modèles changent sans arrêt, l’Allemagne, maintenant les pays du sud de l’Europe…on ne peut pas comparer des systèmes différents !

Le chômage a baissé durant 3 périodes :
– Fin 80
– Fin 90
– Milieu des années 2000

À aucun moment, cette baisse du chômage n’a été corrélée à la flexibilisation du marché du travail. Les entreprises, à 45 %, ne parlent pas d’un problème d’embauche lié au code du travail mais…au carnet de commandes. 15% parlent d’un problème d’offres.

Le frein à l’embauche est lié à la déprime de la zone Euro. Même avec 1,2% de croissance en 2015, en France, on arrive pas à créer de l’emploi… Le problème réside dans le fait qu’on a une croissance économique pas assez intensive en emploi. La finalité de la politique économique devrait être l’emploi et non la croissance. Arrêter de parler d’augmenter la croissance pour augmenter l’emploi. Si on raisonnait en terme d’emplois, on pourrait mettre en place des politiques de sortie de crise, intensives en emplois. Comme la transition énergétique, qui est très intensive en emploi.

L’exemple du Canada

Budget de relance, de conversion massive vers la transition énergétique. Redistribution aux classes moyennes, relance par l’investissement, accueil des migrants…l’inverse de ce qu’on fait en Europe. Pour autant, il ne faut pas le prendre comme un modèle. On peut s’inspirer de son exemple. Car chaque pays est un ensemble d’institutions complexes.

En France, on ferait mieux de se concentrer sur les forces et faiblesses de notre pays, sa stratégie de développement, se consacrer au marché intérieur, marché domestique du pays.

Problème : la classe politique continue à faire campagne contre le modèle social français…dépenses publiques en France plus élevées qu’ailleurs parce que sur les 55% de dérive de dépenses publiques, il y a 30 points de pourcentage qui sont de la dépense sociale mutualisée qui est très efficace, la richesse sociale des français (santé, éducation, …). En réduisant cela, on récolte injustice et inefficacité 🙂

Eloi Laurent sur France-Inter, au sujet de son ouvrage « Nos mythologies économiques »

Bruno Gaccio

Il y a une autre politique possible, différente de celle que l’on mène actuellement en France ou en Europe. Mais c’est une politique dont les « gentils organisateurs » de l’Union européenne ne veulent pas entendre parler.

Si Alexis Tsipras a finalement accepté le pan de rigueur, c’est qu’on lui a tordu le bras avec une puissance telle qu’il s’est vu dans l’incapacité de résister. Aujourd’hui, ce n’est plus le gouvernement grec qui décide de la politique à mener en Grèce, mais la troïka.

Il n’y a pas un économiste sensé qui pense sérieusement que les Grecs pourront un jour rembourser leur dette, mais les «gentils organisateurs » de l’Europe s’en fichent. Ils s’obstinent à perpétuer un système dans lequel la finance a tous les droits. Ce sont les banquiers et les instituts de crédit qui dirigent le monde. Pour résumer, je dirais que ce qui existe actuellement ne fonctionne plus mais que ce qui pourrait marcher n’est pas encore là. Nous vivons dans un entre-deux, période extrêmement inconfortable parce que c’est là que le pire s’exprime. Les peurs guident les gens, les fausses idées font leur chemin… et les complicités avec le système se créent. Certains font allégeance aux « gentils organisateurs ».

Emmanuel Macron, pour moi, est un travesti. Il a mis un costume de gauche pour mener une politique de droite. Le système économique est brutal. Les « gentils organisateurs » évaluent toute politique en terme d’« efficacité », appliquons ce critère pour juger du libéralisme.

Les banquiers dirigent le monde

Patron.ne : Cynisme et inconscience au sommet

J’étais dans cette boîte depuis moins de deux mois. A sa tête…il y avait une femme. Je me suis dit « Chouette, une femme présidente ». Puis on m’a dit du bien d’elle, elle faisait moderne, dynamique. Bien, bien, intéressant tout cela.

Pour des raisons personnelles, je commençais à me sentir assez mal dans mon nouveau poste, et l’évènement suivant m’a encouragé.e à quitter cette entreprise.

Un lundi matin, comme chaque lundi matin, je me rends à la réunion générale de l’entreprise. Cette réunion regroupe pas loin de 70 personnes. On y parle projets, accueil des nouveaux/elles arrivant.es,  et tutti quanti.

patron

Ce lundi matin-là, la présidente de la société prend la parole :

« Bon, euuuuh vous avez sans doute entendu des bruits de couloir, je n’aime pas ça donc je vous le confirme. On licencie Paulette. Ben oui, on a besoin d’un profil plus international donc on licencie Paulette ! Le nouveau RH devrait arriver d’ici quelques semaines. Bon, Paulette n’est pas trop contente, elle est en vacances là… ».

Hum. Quelle vulgarité, quelle indifférence… D’accord donc Paulette est licenciée. Pauvre Paulette. Ce sont des choses qui arrivent…mais…

Mais attends, … tu l’annonces, comme ça, froidement, devant près de 70 personnes ?!? Comme ça ? Tu n’as pas l’air plus désolée que ça, …la seule chose que tu trouves à ajouter, c’est que Paulette n’est pas très contente ? Oh, c’est étonnant ça !

J’ai appris par la suite que Paulette était très copine avec la présidente. Je me demande où en est leur amitié :D. J’ai appris que Paulette, avant son licenciement, venait de contracter un prêt pour acheter une maison…eh bien, j’espère qu’elle a toujours un toit 😀